"Lu est à prouver
Pourquoi tant de lignes ? Il y a bien une impudeur totale qui me fait me mettre ainsi à découvert, et pas seulement à la fin du moi, alors que je ne suis pas toujours en état de mesurer la portée exacte de ce que je couche ici. Et pour coucher, je ne suis pas un garçon facile, si m'en croyez !
Pourtant voici plus d'un mois que je m'y tiens, m'y astreins parfois, m'y délecte souvent. Les mots s'enchaînent relativement bien sous mes doigts dès l'instant où je possède un fil rouge qui me mène d'un bout à l'autre de ma pensée, quels que soient les bas-fonds traversés ou les jouissances les plus belles.
Cette chronique vivante, je l'ai voulue sincère, débarrassée de toute censure, de toute hésitation à se dépeindre tel quel, moins beau ou davantage, à passer pour un tordu cérébral, un érotomane invétéré, ou un gars bien peut-être. Devenir une réalité virtuelle, bizarre paradoxe en somme, pour des lecteurs de passage ou d'éventuels aficionados que j'aurais convertis à ma cause. Sans compter ceux qui m'entourent, d'une manière ou d'une autre, amis, famille, ex, dans un système inégal où ils sauraient tout de moi sans que la réciproque soit tacite. Système un peu vicieux à la réflexion...
Mais c'est bien là le propre du scribouillard que d'espérer être lu, critiqué voire aimé. Ardent désir, un peu prétentieux dans la forme mais tellement peu dans le fond, en fait.
J'avais ainsi cru la partie facile avec ces foisonnements de clics tous azimuts que je déploie personnellement lors de mes errances internet à la recherche d'écrits qui me parlent, de voix muettes scellées dans leur police de bons ou mauvais caractères. J'imaginais qu'il en serait de même face à mes productions, que je bénéficierais d'un lectorat informel ou abonné, que l'on copinerait avec moi pour m'ajouter, récompense suprême, comme lien à suivre sur des pages concurrentes et néanmoins amies, selon la formule consacrée. J'étais le petit nouveau, j'attendais un peu des autres, des prospects comme de ceux que je visitais et commentais parfois de mon humeur. (...)"
Posté le 6 février 2004.
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