"Le bus de retour est plein à craquer.
Une femme réussit tout de même l'exploit d'y embarquer une poussette, où est installée une fillette remuante. Qui me regarde avec des yeux emplis de malice.
Bientôt nous nous retrouvons l'une en face de l'autre, de près, tellement les gens doivent se serrer pour faire place à tout ce petit monde.
Elle lève la tête et continue à me dévisager.
Et, de ses minuscules poings, elle saisit soudain la fermeture éclair de mon manteau, lui fait faire un va-et-vient qui la fait rire.
J'échange un sourire avec sa mère. Non, la petite ne me dérange pas.
Devenant plus hardie, celle-ci aggrippe la main que j'avais laissée pendre. Non, non, elle ne me dérange vraiment pas.
Ses mains serrent et se frottent contre la mienne, comme pour en découvrir la texture et l'articulation.
Elle s'amuse tout en m'amusant.
Une autre fois, c'était dans le métro.
Un bébé assis en face de moi me chatouillait le genou rien qu'en l'effleurant. La manière dont j'essayais - discrètement - d'éviter le contact devait l'amuser et le poussait à recommencer.
Les enfants n'ont pas fini de m'étonner par leur spontanéité. Ils n'ont pas peur des autres, de les regarder droit dans les yeux, de les toucher.
Mais ce qui semble naturel chez un enfant se perd avec l'âge. C'est devenir adulte.
C'est ainsi."
Posté le 18 février 2004.
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