La blogosphère, comme le Grand Tout, est constellée de carnets.
Ils sont déjà si nombreux que nul ne peut espérer les lire tous. Toute une vie n'y suffirait pas. On sait qu'ils existent, quelque part, dans notre univers. Et chaque fois qu'on en trouve un qui nous plait, on met un point d'honneur à l'inscrire dans la liste de nos préférés, laquelle est un peu à nos périples blogosphériques, ce que la Carte du Tendre était à la topographie des sentiments.
Quiconque a bourlingué un tant soit peu au large des sites les plus visités a découvert au hasard de ses périnigrations des carnets qui ne ressemblent à rien de connu. Des personnalités attachantes, des idées originales, des talents nouveaux.
Comme dans la vie, on croit parfois qu'il est nécessaire d'aller très loin pour découvrir des trésors qui s'offrent à nous, sans même que l'on ait à la peine de les chercher. Il suffit simplement de modifier le regard que nous portons sur le monde. Que l'on fasse l'effort de dépasser le petit leitmotiv de nos petites tyrannies monomaniaques (repentance toute personnelle).
Des carnets, j'en ai lu un certain nombre. Mais je ne m'étais encore jamais demandé dans quel coin de la galaxie blogosphérique se trouve le cercle très fermé, sans doute fort élégant mais un peu guindé, où aiment à se recontrouver les amateurs de carnet mondains.
Inutile d'espérer contenir, même le temps d'une cérémonie, notre mauvaise humeur Sans-Culotte qui nous fait sortir les pics aussitôt qu'on entend le mot de royauté disent les Jacobins. C'est qu'on ne badine pas avec l'Histoire.
Ceux qui prennent un air martial pour indiquer à un touriste égaré le mur des Fédérés ne sont les mêmes que ceux qui évoquent avec nostalgie les fastes de Versailles en commentant les tableaux qui racontent l'histoire de leur lignage.
Mais que vienne le temps des festivités royales chez nos voisins, et on découvre avec étonnement ce passé que la révolution n'a pas révolu continue de vivre sous nos yeux.
Qui sait, cette nation de Sans-Culottes se laisse-t-elle attendrir bien plus qu'elle ne voudrait le laisser paraître, quand elle découvre les préparatifs de Noces Royales qu'ici on ne parvient jamais à séparer tout à fait de l'idée qu'on se fait du compte de fée.
Et les Espagnols aussi, sont troublés par le retour d'un passé qui semble à mille lieues de la société moderne qu'ils connaissent.
Pablo Cabonell écrit à ce propos : "Estos días Madrid vuelve a ser la capital de una república bananera, un pais de hadas y coliflores que no tiene nada que ver con la sociedad moderna que pretendemos para España.?
* Boda Real (Un site du journal espagnol "El Mundo" dédié au "Mariage Royal" qui aura lieu Samedi en Espagne).
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