"Dans quelques heures démarrage d’une autre journée.
C’est comme si j’y étais déjà.
Monter se changer dans le vestiaire, passer mon T-shirt et mon pantalon préféré, grignoter 2 ou 3 biscuits et descendre à l’heure dite. La porte de la salle s’ouvre, laisse sortir le cours précédent, et le parquet est maintenant à nous.
Les muscles sont encore raides, mais petit à petit à petit le corps se réchauffe. La nuque se détend, les jambes plient plus en souplesse, les bras se tendent mieux, l’équilibre accompagne la vitesse du mouvement.
Au bout d’un moment ça y est, les pieds tracent des lignes sur le parquet, l’épaule trouve son alignement avec le bras, le coude, le poignet, la main. Les figures transpercent le temps, l’immobilise d’un souffle, le réactive d’un coup de talon ou d’une pirouette (cacahouète). Dessin animé en trois dimensions le corps glisse, bloque, se reprend. Il dévide une pelote de fils invisibles, rejoint les mouvements des autres corps en mouvement autour de moi, et joue à cache-cache avec lui-même, tout à l’histoire inconsciente qu’il raconte.
Quelques dérapages de temps en temps, le corps se dérobe, ignore les gestes que j’essaie de lui apprendre, en propose d’autres, rechigne et râle si la difficulté technique le dépasse. Il faut bien apprendre.
La pendule tourne, mais le temps s’est figé. La fatigue s’oublie dans le mélange d’ivresse et de maîtrise nécessaire à l’enchaînement des gestes. Les étoiles brillent dans les yeux.
Encore quelques minutes, un grand souffle et c’est fini.
Merci Terpsichore."
Posté le 26 mars 2004.
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