Blogue d'actualite du blogue et d'ailleurs sur le Web... Blogue mémoire en ligne depuis 2003... Précurseur en son genre, ce "blogue de liens" existe depuis la nuit des temps (en âge blogosphèrique). À sa naissance il participa aux grandes lignes de l'infernale blogosphère, puis des remous virtuels le firent tanguer sans arriver à le faire sombrer. Il se retrouva en ces eaux paisibles d'où il vogue désormais sans peine ni tracas...

04 avril 2004

De la grandeur des querelles blogosphériques

La blogophère francophone se déchire dans une guerre désagréable et Picrocholine.

Ce disant, un incrédule m'interrogea récemment sur la taille de la dispute.

Sachez ami, lui dis-je, qu'il n'est rien qui se rapporte à nos écrits qui ne soit aussitôt affaire d'Etat. Et voulant joindre le geste à la parole j'entrepris de lui exposer les lois de notre univers.

Notre blogosphère est déjà bien trop grande pour que l'on puisse dresser une carte d'ycelle.

Toute la science de Ptolémée lui-même ne vous servirait à rien pour percer le mystère de cet univers qui absorbe nos pensées comme une éponge. C'est que contrairement à la sphère des fixes, nous somme en perpétuel mouvement.

Rien de ce que nous pensons n'est définitif, puisque nous pensons en même temps. De ce fait, il n'est pas de pensée qui puisse se targuer d'être au repos, puisqu'à tout moment, elle peut être lue et modifiée par quiconque la découvre.

Mais alors, vous vous querellez sans cesse ?, me dit-il.

Si fait. La blogosphère étant infinie, nos querelles le sont aussi, répondis-je.

Et j'entrepris de l'impressionner en lui faisant la geste de toutes les sommités que compte notre confrérie.

Je croise des eschevins, des bourgeois et habitans de la ville. De bonnes gens de mille contrées différentes dont vous ne pouriez soupçonner l'existence.

Puis, me rengorgeant, je lui assenai d'un ton impérieux. Savez-vous que nous croisons des ministres ?

Que pas plus tard qu'hier, un manant de son état m'a traité comme son égal, et qu'il m'a fait parvenir une missive sur les réformes que le gouvernement voulait coucher dans ses ordonnances, me priant de lui donner mon avis sur les affaires du royaume ?

Enfin me croirez-vous, si je vous dis que j'ai consulté moi-même les registrées au Parlement pour savoir de quoi il en retournait ?

Ne sont-ce pas des choses considérables qui vous éclairent sur l'importance de nos écrits dans la blogosphère ?, demandai-je pour vérifier mon effet.

Mon interlocuteur sembla convenir du prestige que confère le fait d'écrire dans la blogosphère, et j'allais l'inviter à rejoindre notre confrérie quand soudain, il se ravisa, et me tint ces propos :

- Que vous fréquentiez des gens de qualité, je n'en doute pas un seul instant. Mais pour vous quereller, encore faut-il vous comprendre. En d'autres termes, l'importance de vos querelles reste attachée au nombre de ceux qui peuvent y prendre part.

- En quelque sorte, admis-je, sur la défensive. Nous avons même des linguablogs.

- Mais au fait, combien êtes-vous ?

- Des millions, répondis-je. Mais voyez plutôt :

online language populations

Total : 729 millions en mars 2004 !

- Mais çà ne fait jamais que 3,8 % pour le Français.

Puis il ajouta sur un ton faussement compatissant qui cachait mal son ironie :

- Vous devez vous sentir bien à l'étroit dans vos querelles pour caser votre importance, tant votre blogosphère est petite, conclut-il.

Et voilà comment comment un quidam trop raisonneur peut vous gâcher le plaisir de lustrer votre étoile en l'éclairant sur l'immensité de nos petites misères.

La peste soit de ma vanité blogosphérique !

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