Blogue d'actualite du blogue et d'ailleurs sur le Web... Blogue mémoire en ligne depuis 2003... Précurseur en son genre, ce "blogue de liens" existe depuis la nuit des temps (en âge blogosphèrique). À sa naissance il participa aux grandes lignes de l'infernale blogosphère, puis des remous virtuels le firent tanguer sans arriver à le faire sombrer. Il se retrouva en ces eaux paisibles d'où il vogue désormais sans peine ni tracas...

06 novembre 2004

Blogdown

Hier, Malas, l'auteur de Nanochronique écrivait :
"Il y a quelques temps maintenant que j'écris sur ce blog. Mais je m'aperçois qu'il n'y a pas grand monde qui réagit aux posts que je peux écrire. C'est en quête de réponse donc que j'édite celui-ci. Est-ce que ce blog est trop abstrait ? Est-ce que son contenu ne propose aucune réaction ?"

Et dans les commentaires, Lithium lui répondait :
"Le premier truc à faire pour se faire comenter, c'est de commenter sur les blogs des autres.... et puis de bloguer autour de sujet qui intéressent les autres blogueurs..."

Oui, mais quel intérêt si les sujets qui intéressent les autres blogueurs n'intéressent pas Malas ? Doit-il perdre son temps à s'absorber dans ce qui intéresse tout le monde pour le simple plaisir de communiquer sur des choses qui ne l'intéressent pas ?

Aujourd'hui, sur le journal Libération, Daniel SCHNEIDERMANN s'intéressait au cas d'Alain Glavieux, inventeur des turbocodes, décédé il y a un mois et demi, sans tambours ni trompettes :
"Et un important inventeur français est mort voici presque six semaines, en Bretagne, dans une totale indifférence médiatique (et politique, d'ailleurs : aucun ministre ni sous-ministre ne s'en est non plus aperçu). Alors ? Un complot des médias ? Une conspiration du silence, par exemple orchestrée par une école concurrente ? La vérité est certainement plus banale. Peut-être Alain Glavieux ­ on ose à peine l'écrire ­ n'avait-il tout simplement jamais recherché la médiatisation. Peut-être n'avait-il jamais pris position dans ces débats (pour ou contre le port des insignes religieux ostensibles, pour ou contre l'homoparentalité), qui vous assurent un billet d'entrée annuel dans les talk-shows. Il est certain que l'explication de ses travaux ne rendait pas vraiment les cerveaux disponibles.
Mais à quelque chose silence est bon : l'exploration de ce trou noir nous instruit, en creux, sur les critères des sujets médiatisables.
[-]
Ce silence ne nous parle pas seulement des turbocodes ou du journalisme scientifique. Il nous donne de mauvaises nouvelles sur le journalisme en général. Un système dans lequel des kilomètres de colonnes, des heures d'antenne sont consacrés à des sujets sans intérêt mais excitants, et qui ignore les turbocodes, est un système malade."

De combien d'interlocuteurs a-t-on besoin pour pouvoir investir sa propre pensée? Quelle est la consistance requise (degré de réalité, d'altérité, de complicité...) pour qu'un interlocuteur puisse dynamiser cette pensée ? Est-il nécessaire que ces interlocuteurs se manifestent dans les champs des commentaires pour qu'il y ait débat? Après tout le blog est peut-être le lieu idéal pour inventer les conditions d'un bon monologue.

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