Blogue d'actualite du blogue et d'ailleurs sur le Web... Blogue mémoire en ligne depuis 2003... Précurseur en son genre, ce "blogue de liens" existe depuis la nuit des temps (en âge blogosphèrique). À sa naissance il participa aux grandes lignes de l'infernale blogosphère, puis des remous virtuels le firent tanguer sans arriver à le faire sombrer. Il se retrouva en ces eaux paisibles d'où il vogue désormais sans peine ni tracas...

22 mai 2004

Il n'y a plus de temps

Le blog de Kurse & Indizes n'a qu'un mois et demi, mais il a déjà un ton, celui de Jan qui parle pour deux; une poésie âpre et puissante qui s'étend en lettres blanches sur fond noir, et surtout une consicence aigüe du temps, de notre temps :

10 Avril :
"...Aujourd'hui encore, chaos en Irak, commémoration du génocide rwandais, élections algériennes, enfer haïtien, la liste est longue.
Comment témoigner de tout ceci ?
Comment choisir ?
Sombrer dans l'abstraction et la noirceur ultime, sans nom, afin que chacun y retrouve sa propre tragédie ?
Ou bien encourager tout le monde à témoigner, sans jamais s'arrêter ?
Mais alors saturés de témoignages, comment nos sensibilités parviendront-elles à s'émouvoir de chaque crime perpétré à chaque seconde qui passe ?
Combien d'hommes, de femmes, d'enfants, sont morts pendant que j'écrivais ces lignes ?..."


6 Mai :
"...un jour casser un mur
un jour faire tomber ce qui nous soutient & voir si on tient encore debout
même si on en a peur..."


10 Mai :
"il y a de notre point de vue deux sortes d'images, de sons, de signaux en fait :
- ceux qui sont interprêtés comme des prémonitions de notre mort à tous.
- ceux qui sont interprêtés comme les preuves de notre survie éternelle.
Silvana et moi n'apprécions pleinement et nous baignons sans cesse dans les signauxappartenant à la première catégorie."


Ces propos que l'on attribuerait facilement à une conscience solitaire prennent une étrange saveur dans des billets qui parlent au nom d'un couple. Comme si sans Silvana, les mots de Jan n'auraient plus la force de se détacher du noir du fond.

Aucun commentaire:

Loading...